• Jours heureux

    Down the rain..

     

     

     

    Down the rain..

     

     

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    Chapitre 1

    Chapitre 1


      


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    Chapitre 2:

     

     

     

    Brusque secousse.
    Je me réveille en sursauts. Les gens parlent bruyamment, je ne saisis que quelques bribes de conversations : il y a eu un accident, l'arrivée est retardée de plusieurs heures peut-être.
    Je soupire et me penche pour regarder à travers la vitre. Une immense prairie s'étale à perte de vue, chauffée par les rayons du soleil, me réchauffant un peu aussi.
    Je me perds dans ma contemplation, délaissant le brouhaha qui m'entoure.
    Des phrases, des mots résonnent dans ma tête, me hurlant mon désespoir. Mon visage reste impassible, seul mon regard me trahit.
    Regard qui n'échappe pas à celui assis en face de moi. Il m'observe quelques instants, la tête inclinée, un sourire au coins des lèvres. Je fais la moue, et regarde ailleurs. Les secondes qui s'écoulent me paraissent interminables. Je lui jette un regard en coin.. Une tignasse brune, décoiffée, encadre son visage fin, il a un piercing sous la lèvre, ses grands yeux gris me scrutent attentivement. Il me sourit, et parle enfin.

    - Salut ! Tu vas à Lyon toi aussi ?
    - Oui. Pour étudier, toi aussi je suppose ?
    - Ouep ! Mais aussi pour mon groupe. On recherche un bassiste en ce moment.
    - Oh. C'est quoi le nom du groupe ? m'exclamais-je.
    - On n'en a pas encore, on le choisira quand le groupe sera au complet.
    - Pas cool, tu me faciliteras pas la recherche !
    - Bah, on se recroisera bien un jour ! dit-il en me lançant un clin d'œil. Sinon, moi c'est Shin, et toi ?
    - Albane !
    - C'est sympa, mais je sais pas pourquoi, ça me fait penser à Albatros! dit-il en riant.
    La conversation se déroula sans accroches jusqu'à ce que nous arrivions, enfin, à Lyon. Au final, je n'avais pas vu le temps passer. J'espère le croiser souvent dans le train.


    ***

     


     Ma valise est jetée dans un coin du minuscule appartement. J'ai sorti uniquement ce dont j'avais besoin: un pull et mon ordi. Le soleil éclatant du matin a disparu, laissant place aux nuages grisâtres. Je m'approche de la fenêtre, plutôt grande, et y colle mon visage, espérant trouver quelque chose, n'importe quoi, qui me change de l'ordinaire.
    Je ne sais pas exactement combien de temps je suis restée figée, debout. Quelque chose vibre. Je me sens comme aspirée. Retour à la réalité.
    Je saute sur mon lit et attrape le portable. Nouveau message.
    « Yop Albane ! Tu devrais être arrivée dans ton appart', tranquille. J'espère que tout s'est bien passé. Désolée de ne pas avoir pu te donner de mes nouvelles plus tôt, je suis débordée en ce moment. Je me suis fais quelques amis. Je te raconte tout en détail ce week-end. Y aura le fameux Liam !
    Bisous bisous » Colombe.

    Un grand sourire éclaire mon visage, et retombe aussi vite à la fin. Liam. Aucune nouvelle depuis deux semaines. Je pousse un long soupire, mélancolique. Je me relève et observe la pièce.
    Mon lit est calé tout au fond, à côté de la fenêtre. Les murs blancs au départ, sont devenus gris, usés par le temps. J'avais pris soin de mettre tous les portraits et photos pendant l'aménagement. Le parquet grince sous mes pieds. Un grand tapis gris est posé près du lit. Une table avec deux chaises est installée à l'opposé de la pièce.
    Je me dirige d'un pas fatigué vers la salle de bain. Son prénom me hante, encore et encore. Je voudrais pouvoir l'ignorer, l'abandonner dans un coin perdu de mon esprit. Son visage me revient, son sourire, ses yeux bleus et leur éclat doré, tel un coup de fouet. J'ai mal.
    Le miroir me renvoie mon reflet. J'attache en un vague chignon la masse de cheveux noirs qui repose sur mon crâne. Mon regard bleu nuit est plus terne que jamais.
    Demain, ma nouvelle vie commence réellement.
    Les cours commencent.


     


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    Première journée.
    Je me sens complètement déboussolée, perdue dans cette masse compacte de gens qui me sont tous inconnus. L'université est grande, tout comme les chances de s'y perdre. Je finis, tant bien que mal, par me retrouver devant la porte de ma salle. Une grande rousse, parsemée de tâches de rousseur m'observe d'un regard inquisiteur et fronce les sourcils.
    Pourtant, non, j'ai bien failli, mais je ne suis pas venue en pyjama.

     

    - Moi c'est Jade, et toi ?
    J'écarquille les yeux. Elle me lance un sourire chaleureux à présent.
    - Albane.
    - Tu as de gros cernes. Le stress ?
    - Ton prénom te correspond à merveille. J'y ai tout de suite pensé quand j'ai vu tes yeux verts !

     

    J'évite, et elle semble comprendre. Impossible de m'endormir après avoir reçu le message de Colombe. Je n'ai pas envie de le revoir.
    - On me la sort souvent celle-là, me répond-t-elle avec un clin d'œil. On rentre ?

    Je la suis sans rien dire. Nous sommes en retard. Je m'installe sur l'un des bancs au milieu, Jade se met à côté de moi. La prof se met à parler et tout le monde l'écoute. Sauf moi, trop préoccupée par la rousse qui n'arrête plus de gigoter à côté de moi. Je ris doucement en la voyant se tortiller pour sortir des feuilles de son sac remplis de magazines qui n'ont rien à voir avec les cours.
    Je mets un peu de temps avant, d'enfin, prêter attention aux paroles de la prof.

     

    - Elle te fait pas penser à un corbeau avec ses lunettes sur le bout du nez ?
    - Non. Plutôt à un aigle en fait.

    Elle me regarde d'un air étonné et pouffe dans sa main, jusqu'à ce que « l'aigle » lui jette un regard mauvais.

    ***
    La journée prit fin, lentement, très lentement. J'ai récupéré le numéro de Jade, on a beaucoup discuté à la pause de midi, elle a décidé de ne pas me laisser « sombrer dans mon trou d'appartement ».
    Ce soir je devais appeler mes parents, pour leur donner de mes nouvelles, les rassurer, mais je n'en ai pas envie pour l'instant. Je leur envoie un message, court. La nuit commence à s'installer au-dehors. Je n'ai rien à faire, je me sens vide, particulièrement lasse.
    Comme j'aime le faire si souvent chez moi, je m'appuie contre la fenêtre et observe la vie qui se déroule sous mes yeux. Dans la rue, les gens se pressent pour rentrer chez eux, un orage approche. Des gamines se disent au revoir et courent se réfugier sous des abris quand les premières gouttes d'eau commencent à pleuvoir sur la ville, tandis que des vieux en profitent pour boire un coup au bar d'en face.
    Ploc. La goutte qui s'écrase contre la vitre me tire de ma torpeur.
    Je me rends compte que je n'ai encore jamais rencontré mes voisins. J'oublie la rue et ses passants, et sort de mon appartement.
    Numéro 707. Je toque, la porte s'ouvre. Je ne sais plus quoi dire.
    A cet instant, les minutes me paraissent interminables. Une petite fille d'apparence trisomique se tient dans l'entrebaillement de la porte.

    - Bonjour. Je ne te connais pas. Tu viens voir mon frère ?
    - Euh..oui, je bégaye. Enfin non, toi aussi. J'habite juste à côté en fait.
    Elle s'éloigne et me laisse seule quelques instants, avant de revenir accompagnée cette fois, d'un visage qui ne m'est pas inconnu.

     


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